Mystérieux château de Carrouges, dans l’Orne

Les vacances se terminaient. Après avoir rendu à son propriétaire le fougueux destrier berruyer qui nous avait accompagné ce mois d’août sur les routes de France, nous traversions l’Orne et le parc naturel Normandie-Maine.

Sur la route entre Bourges et la Manche, Alençon dépassée, il flottait dans la voiture familiale une atmosphère de vacances blues. Jusqu’à ce que je vois sur le côté de la nationale un panneau. « Château de Carrouges« . Nous étions attendus en fin de journée, et pas pressés d’arriver. Allez hop, tourne à droite chéri, on va visiter Carrouges !

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Nous sommes arrivés juste à temps pour la visite guidée, avec un jeune conférencier passionnant et plein d’humour. Il nous a appris que ce château planté au milieu de marais, en contrebas du village qui porte son nom, a d’abord été une place forte qui a connu la guerre de cent ans -et l’envahisseur anglais, donc. Le donjon du XIVe siècle laissera ensuite place à une demeure seigneuriale au XVe, puis au premier château Renaissance de Normandie au XVIe. C’est de cette époque que date l’adorable châtelet de conte de fées qui marque l’entrée dans le parc.

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Le bâtiment dans sa forme actuelle, entouré de douves en eau et d’un parc, date du XVIe siècle. Il a été dessiné par l’architecte François Gabriel, également à l’origine de l’ancien hôtel de ville de Rouen.

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Construit au milieu des marécages, le château de Carrouges souffre depuis l’origine de sérieuses remontées d’humidité, nous a confié le guide. Mais en cette chaude journée d’août, ce problème ne nous a pas sauté aux yeux ! En revanche, l’extraordinaire luminosité du bâtiment, notamment de la grande pièce de réception, dans l’aile sud-ouest, était particulièrement étonnante. Mention spéciale pour les deux petits bureaux adjacents à cette pièce, cachés derrière des portes moulurées, dans lesquels le châtelain se retirait pour signer des papiers officiels en toute discrétion… Inspirant, non ?

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Petit plus de cette visite commentée, elle s’appuie sur les portraits accrochés dans toutes les pièces du château. On y retrouve notamment les personnalités accueillies par les seigneurs de Carrouges dans leur « palace » normand : Louis XI, en 1473, et Marie de Médicis en 1570. Plus intéressants encore sont les portraits des propriétaires successifs de Carrouges. On s’attend presque à les entendre nous sermonner pour avoir osé s’inviter en leur demeure sans se faire annoncer…

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Dans un recoin, sur le chemin de la sortie, cette miniature représentant une sage petite fille passerait presque inaperçue. Demoiselle qui restera anonyme, puisque contrairement à tous les autres portraits qui habillent les murs du château, celui-ci n’a pas d’identité… Peut-être faut-il passer la nuit au château, afin que son facétieux fantôme vienne nous glisser son nom ?

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Le château de Carrouges accueille les visiteurs toute l’année. Le tarif plein est à 6 euros. Les lieux accueillent à partir du 17 février et jusqu’au 5 juin une exposition sur …les fantômes. En accès libre, avec ou sans esprit. 

Vu du ciel > 48°33’36.4″N 0°09’15.5″W