Marcher dans la boue

Vendredi 23 décembre à Saint-Lô, la ville où j’ai grandi. Troisième jour de l’hiver. Décidée à rentrer à pieds chez mes parents après être allée prendre un chocolat chaud dans l’un des bars de mon adolescence, je suis passée un peu par hasard dans un quartier que je ne connaissais pas. Dans la partie haute de cette cité en cuvette construite autour de la Vire, et soigneusement rasée par les bombardiers Américains en 1944. 500 civils morts sous les bombes alliées, une ville détruite à 95%.

Là, j’ai croisé la trace de ce chemin creux typiquement normand. Coincé entre une veille ferme fortifiée du XVIIe, de tristes HLM des années 80, et de quelconques pavillons saumons des années 2000 – ça sentait la boue et le froid, mais les chants d’oiseaux et l’incongruité de ce bout de campagne à 10 minutes de la préfecture avaient quelque chose de très joyeux. Comme une blague de la nature à l’urbanisme pas vraiment maitrisé de cette ville un peu triste, à la fois martyre et modèle de la reconstruction d’après-guerre…

Vu du ciel49°06’26.7″N 1°05’03.3″W